Il y a quelques jours, je donnais en compagnie de DJ Junkaz Lou, une conférence sur les débuts du rap américain de 1973 à 1983. Cette période correspond également à la création de ce que l'on va appeler la culture Hip Hop. Pour celles et ceux qui connaissent je cite des noms tels que Kool Herc, Grand Master Flash, Melle Mel, Sylvia Robinson, Sharock, The Treacherous Tree, Grand Master Caz, Russel Simmons, Run DMC et bien d'autres. Organisée par le service Jeunesse de la ville d'Arcueil, cette conférence a été enregistré dans des conditions un peu spéciales vu la période que nous connaissons, sur la scène de la salle de spectacle Jean Vilar et devant un public inexistant. Voici le lien de cette conférence que vous pouvez voir, revoir partager et même commenter.
Je tenais aussi à réparer une grosse erreur de ma part, car je cite la marque Apple et la marque McIntosh comme étant la même entité, ce qui est totalement faux. Bon visionnage et à bientôt. Un grand merci à Cécilia Ait Ouakli pour avoir rendu cette conférence possible, à Charlotte Verna et à l'équipe de techniciens (Dom et Marco) de l'Espace municipale de la ville d'Arcueil et à la vidéaste Clémence Lebras. https://www.youtube.com/watch?v=LWe8usioExg&t=397s
Pour réaliser l'affiche de la conférence, je me suis inspiré des premiers flyers hip hop qui étaient designés par des graffeurs. Aux environs de 1977, les organisateurs de soirées avaient dans leur entourage un writer (autre nom pour désigner les graffeurs) pour créer les flyers de leurs événements. Parmi les plus connus deux noms revenaient souvent celui de Phase 2, graffeur légendaire qui est à l'origine du design avec des formes géométriques comme celle que j'ai utilisé et le taggeur Buddy Esquire qui avait était élu King of Flyers. En 1978 ou 1979, il y eu une soirée où les grafffeurs devenus graphistes furent récompensés, car il y avait une vrai bataille de style sur le designe des flyers. C'est donc grâce la contribution des writers que le grafitti (writing) a pu intégrer la culture hip hop. Ci-dessous à droite un flyer réalisé par Phase 2 avec sa signature en petit en bas à droite.
J'ai reçu plusieurs mails me demandant la playlist de Junkaz Lou durant la conférence,
donc la voici dans l'ordre de passage. Faites en bon usage.
Pour la sélection Kool Herc :
Dyke & The Blazers - Let A Woman Be A Woman - Let A Man Be A Man (1969)
Incredible Bongo Band - Apache (1973)
The Mohawks - The Champ (1968)
Jimmy Castor Bunch - It's Just Begun (1972)
Pour la sélection Afrika Bambaataa :
The Monkees - Mary Mary (1967)
Aerosmith - Walk this way (1975)
Lord Kitchener - Easter in Trinidad (1964)
MFSB - T.S.O.P. (The Sound of Philadelphia) (1974)
Willie Colon - Ghana'E (1974)
Pour la sélection Grand Master Flash :
Barry White - I'm gonna love you just a little more baby (1973)
Dexter Wansel - Theme from the planets (1976)
Bob James - (Take Me To The) Mardi Gras (1975)
Chic - Good Times (1979)
Babe Ruth - The Mexican (1973)
Baby Huey - Listen To Me (1971)
Coke Escovedo - I Wouldn't Change Thing (1976)
Influence rap :
Lightnin' Rod - Sport (1973)
Les premiers morceaux rap enregistrés :
Paulette & Tanya Winley - Rhymin' And Rappin' (1979)
The Fatback Band - King Jim III (Personality Jock) (1973)
Sélection Sugar Hill Records :
Disco Four - Move To The Groove (1980)
Funky Four Plus One - Rapping And Rocking The House (1979)
Grandmaster Flash & The Furious Five - Super Rappin' (1980)
Treacherous Three & Spoonie Gee - The new rap language (1980)
Fabrication du morceaux Planet Rock :
Kraftwerk – Trans Europa Express (1977)
Afrika Bambaataa & The Soul Sonic Force - Planet Rock (1982)
Oui,vous l'avez bien lu en titre je donne une conférence sur l'histoire du rap à Boulogne avec un focus sur Booba, dans le cadre du festival Chorus des Hauts-de-Seine.
Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas un grand fan de B2O et que c'est très étonnant que je fasse des recherches sur cet artiste. Quand on m'a fait la proposition, avant d'accepter je me suis posé la question:« qu'est-ce que je peux trouver de positif à dire sur Booba ? » Après de petites recherches rapides, je me suis rendu compte qu'il y avait finalement pas mal de choses positives à raconter sur le Duc de Boulogne.
Dj Junkazlou et moi donnerontcette conférence, devant un groupe de jeunes en situation difficile (suivipar des structures sociales) et qui n'écoute que du rap français n'ayant pas plus de six mois. Des jeunes qui refusent de découvrir d'autres univers musicaux. Des filles et des garçons qui ne jurent que par leurs rappeurs préférés :Larry, Ninho, Niska, Zola, Dinor, Koba La D ou encore Shay...
Le but est d'essayer,à travers le parcours de Booba, de les intéresser à d'autres styles de musique, de les faire sortir un peu de leur monde où tout tourne autour de leur vie de quartier, des images clichées véhiculées par les clips qu'ils regardent ou des faits divers liés à leurs artistesfavoris.
J'ai également un groupe de jeunes musiciens classique du conservatoire de Boulogne,pas forcément fans de rap français pour la majorité, qui se joignent à nous. Tout ce mélange promet une soirée improbable.
Depuis quelques années, lorsque je parle de rap avec certaines personnes, je suis souvent perçu comme un extraterrestre. Une curiosité, un gars resté bloqué au Moyen-Age avec son armure de chevalier qui garderait une tour d'ivoire. Pour certains le rap boombap n'évoque rien du tout, mais absolument rien, pour d'autres ce style est trop dépassé et mérite juste d'avoir sa place au musée. Je n'ose pas imaginer leurs réactions si je leur dis que j'écoute en plus du Blues, du Jazz, du Punk rock, de la Soul ou de la Funk, de la musique préhistorique pour eux. Bref, l'image que l'on me renvoie souvent est celle d'un passéiste, démodé, sans ouverture, un vieux con quoi. "Evolution", c'est le mot qui revient fréquemment quand je dis que la trap ou mumbling rap n'a aucun effet sur moi, que les morceaux autotunés ne sont pas agréables à mon oreille. "Quoi t'aimes pas l'autotune ? Mec, il faut évoluer. T'es contre l'évolution du rap ou quoi ? "
C'est le genre de réflexions auquel j'ai droit, comme s'il ne fallait pas vieillir, comme si le fait d'écouter de la Trap était comme prendre un bain de Jouvence. Au début ces remarques étaient le fait de personnes plus jeunes que moi. Et puis je me suis aperçu que des gens de ma génération me faisaient les mêmes reproches ou me sortaient des excuses du type : "J'écoute ça comme un délire ou pour me tenir au courant."
Les gars, vous avez le droit d'aimer la Trap et autres morceaux autotunés. Même si je ne comprends pas ces styles, je peux aisément accepter que l'on ait des goûts différents. Arrêter de vous justifier et d'opposer vos goût au mien. Du coup, je me retrouve parfois obligé de justifier mon amour pour le rap boombap qui a aussi son lot de mauvaises productions. C'est pour cette raison que j'ai décidé de faire cet article, vous donner mes raisons une bonne fois pour toutes.
J'ai grandi avec de la musique traditionnelle africaine ou tout tourne autour du rythme, peu importe le nombre d'instruments ou parfois même seule la voix faisait office d'instrument. Bien sûre, j'ai également grandi avec de la variété (Dalida, Cloclo, Gainsbourg, Lavilliers, Les Ritas Mitsuko, Elton John, Sting, Witney Houston, Michael Jackson ...) la musique la plus facile à trouver puisque diffusée partout à la radio et à la télé. En revanche, c'est avec la soul et la funk music que je me suis forgé une identité forte dès la pré-adolescence. Des styles qui vont être la base de la musique Hip Hop, des styles ou le groove et le rythme ont une importance capitale, des styles qui te poussent facilement à la danse. Quand j'ai connu le rap c'était vraiment une musique pour faire la fête, on dansait dessus aussi bien sur des morceaux à caractère politique comme les titres de Public Enemy ou plus léger comme les titres Das EFX ou de Digital Underground, la magie qui te pousse à la danse était là. On était dans la continuité de la soul et de la funk et peu importe que derrière le sample soit un son rock ou de musique classique, il y avait toujours ce truc funky et entrainant qui te faisait plus que hocher la tête. C'est ce que j'aime et que je retrouve encore dans les productions boombap d'aujord'hui. Oui car le rap boombap n'est pas mort, il y a un tas d'artistes qui en font à travers le monde.
Quand je me suis plongé pleinement dans le rap américain d'abord, même si je ne comprenait pas forcément les paroles, j'avais capté l'importance du flow et ce peu importe les textes hardcore ou plus légers. Autre point qui fait la puissance du rap boombap et que je ne retrouve pas trop chez les quelques rappeurs actuels que je connais qui font le buzz, c'est l'utilisation des samples. Le choix des samples et la manière dont ils sont utilisés m'a toujours poussé à aller voir plus loin que le titre rap que j'écoutais et par la même occasion de découvrir d'autres genres musicaux comme le jazz, le rock, le reggae et d'en tomber amoureux.Toutes ces choses, je ne les retrouve quasiment pas chez les rappeurs Trap et autres, ce n'est pas faute d'avoir essayé.
A plusieurs reprises je me suis rendu sur des concerts de ce type d'artistes pour comprendre, mais la magie n'opérait pas, l'ambiance n'était pas magique, j'avais l'impression d'être dans un événement de musique pop, le genre de chose que l'on veut absolument éviter quand on vient de la culture Hip Hop. Bien que le côté bling bling et égocentrique aient toujours existé dans le rap que j'aime, il se faisait selon des codes que je ne perçois pas dans la scène rap dont on parle le plus. Le discours de ce rap là se rapproche plus d'une pensée de droite où les artistes sont prêts à tout pour montrer qu'ils possèdent, qu'ils pèsent comme on dit en langage de quartier. Un discours très focalisé sur l'argent, le matériel, le côté fantasmé du baron de la drogue qui n'hésite pas à exhiber son gros flingue et de parler de son gros sexe qui enfile tout le monde.C'est marrant quand il y en a un ou deux, le problème c'est vite devenu la norme et tous font plus ou moins la même chose sur fond de musique trop emprunté à la variété du moment.
L'autotune s'étant démocratisé en 1998, grâce ou à cause du tube de la chanteuse pop Sher avec son titre "Believe", et dans la musique dite urbaine en 2008 avec T-Pain et Lil Wayne et depuis la nouvelle vague de rappeurs s'en est emparée pour ne plus jamais lâché. On assiste à des morceaux de rap et des refrains chantés avec quasiment la même voix, celle de l'autotune. J'ai bien que l'impression que le lien qui existait avec le blues et toutes les autres "black music" est mort.
Pour moi dont l'habitude est d'écouter de vrais vocalises, c'est tout simplement insupportable de constater que tous ont la même formule. Un autre point important dans le rap, c'est la voix, sa puissance et son timbre qui font l'originalité d'un rappeur , avec l'autotune c'est définitivement mort.
Pour les plus jeunes qui ne comprennent pas que je puisse écouter de la musique qui a plus de six mois d'existence et pour ceux de ma génération qui aime le rap dominant, sachez que pour moi la musique c'est une histoire de feeling, de groove, de rythme, d'authenticité où le live a toute son importance. Etre à la mode, ressembler à la masse, être moderne, pour moi ce sont de pures foutaises. S'il vous plait arrêter de comparer le rap buisness, le rap de rue, le rap game ou je ne sais quels noms vous lui donnez au rap boombap qui pour la majorité garde l'essence de la culture Hip Hop. Je n'empêche et n'empêcherai personne d'en écouter et de l'aimer, à chacun son rap.
Peace
En allant au cinéma avec mes potes, je n'avais aucune info sur ce film, c'est donc devant la salle que j'ai découvert l'affiche. Une affiche parlante, mais qui ne laissait rien transparaitre de ce qui m'attendait. En sortant de la séance ma pote a fait une réflexion sur l'image et le titre qu'elle ne trouvait pas assez représentative de la claque cinématographique à laquelle nous venions d'assister. Franchement, on a trouvé ce film très fort, tant sur l'histoire que sur le plan esthétique. Du coup en sortant de la projection on a bloqué quelques minutes devant l'affiche où je me suis permis de sortir quelques sciences sur la lecture que je me faisais du titre et de la photo.
L'héroïne pose un regard appuyé sur son homme qui à l'air de beaucoup compter pour elle. Sa tenue vestimentaire laisse à penser que c'est une prostitué, vous comprendrez en voyant le film.
Le héros avec son regard perçant à l'air d'un gars qui assure, un gars sûre de lui, la main dans la poche, un coude sur la voiture très seventies qui lui appartient tout comme la fille au regard un peu admirateur. Moi qui suis un fan des films de blaxploition, j'ai toute de suite fait un lien avec le pimp (proxénète) et sa travailleuse. Le titre est venue renforcer mon propos, car souvent les proxénètes afro américains prenaient des surnoms avec le terme Slim comme Icerberg Slim rendu célèbre par ses livres, ou encore un autre pimp légendaire de la West Coast, Fillmore Slim qui apparait dans le documentaire American Pimp. Le mot Queen était lui souvent utilisé dans la communauté black pour désigner la femme que l'on respecte avant d'être détourné par les proxénètes pour désigner sa prostitué favorite ou la plus ancienne de son harem.
Si vous avez l'occasion, allez voir ce film et on en reparle après car il y a matière à discuter dessus.
Suite de la liste des rappeurs qui ont samplé James Brown.
#5 Fat Boys "Sex Machine"
Sorti en 1986, les Fat Boys reprennent un classique de James Brown avec l'esprit clownesque qui les caractérise.
#6 Mysterme & DJ 20/20 "Unsolved Mysterme"
Sorti en 1993, je mets une option spéciale sur ce titre qu'on m'avait filé sur K7 sans titre, j'ai mis plus de 10 ans pour savoir ce que c'était. On peut reconnaitre entre autre le sample du morceau "Make It Funky" de James Brown.
#7 Salt N Pepa "Solo Power"
Sorti en 1988, Hurby Luv Bug le producteur du duo de rappeuses avait eu l'idée de sampler ce titre excellent de James Brown, "Take Some... Leave Some" tiré de l'album Payback de 1973.
L'influence de James se faisait ressentir même dans les textes, ici le refrain Soul Power devient Solo Power.
#8 Kid N Play "Do This My Way"
Toujours en 1988, encore produit par le beatmaker à succès Hurby Luv Bug qui a utliisé deux productions classiques de James Brown. "Cross the track" de Maceo and Macks (1975) et "Think" de Lynn Collins.
#9 DJ Jazzy Jeff and The Fresh Prince "Pump of the Bass"
Sorti en 1988, avec encore une fois le sample de "Funky Drummer", sur ce titre Dj Jazzy Jeff s'amuse à faire crier le King James à l'aide de ses platines, les fans de scratches apprécieront.
#10 Derek B "Get Down"
Sorti en 1987, l'anglais Derek B aussi a laissé une grosse empreinte avec ce titre qui sample "Funky drummer" évidemment et "Escape-ism (1971) de James Brown.
Je vous ai concocté une liste exhaustive de morceaux reprenant des samples de James Brown, comme je le dit dans le post précédent la majeur partie ces titres ce situent entre 1988 et 1992.
#1 - Jewel-T "I like it loud"
Pour commencer cette liste, je vous ai sélectionné un morceau typique de la folle période 1988 où tous reprenez les sons de James. On peut reconnaitre ici le fameux "Funky Drummer"titre phare de la culture Hip Hop et sans doute le plus samplé de l'histoire musique, tous style confondus.
#2 - Run DMC "The Ave"
En 1990, après quasiment deux ans d'absence Run DMC faisait son retour avec l'album "Back From Hell", le deuxième titre de cette opus intitulé "The Ave" a pour base "Same beat" de Fred Wesley and The JB's et content au moins cinq autres samples de James Brown et de son entourage.
#3 - Super Lover Cee and Casanova Rud "Do the James"
Sortie en 1988 également, avec un titre qui évoque carrément passion que les rappeurs des années 80 ont pour James Brown, tant sur le plan musical, que sur le côté danseur ultime que le king représentait. Ce titre contient trois sample de James bien identifiable, le fameux "Funky Drummer", le Blues and pants, par lequel "Do the James" commence et "Get up, Get into it, Get involved".
#4 - The Notorious JB's "B.I.G. Poppa got a brand new bag
Sortie en 2019, le DJ Amerigo Gazaway a essayé d'imaginer à quoi ressemblerai une rencontre entre James Brown et Biggie. Sur ce titre très bien arrangé, il fait poser les paroles de "Big Poppa" sur l'instru de "Papa have a brand new bag", comme si Notorious avait réellement travailler avec les JB's.
En 1987, Eric B & Rakim sortait "I Know you got soul", un des titres les plus important de l'histoire du rap. Après sa première diffusion, tout allait changer sur la planète rap, en terme de flow et de production musicale. Durant les trois/quatre années qui suivirent, les samples empruntaient à la discographie généreuse de James Brown et de son entourage et faisaient le bonheur des rappeurs et beatmakers. Avec un pic de productions James Brownienne à la sauce hip hop en 1988, cette boulimie allait prendre fin avec l'arrivée de producteur comme Pete Rock ou Dj Premier.
Comme je l'ai déjà dit lors dans un post précédent, les rappeurs allaient jusqu'à reprendre les titres des samples qu'ils utilisaient. C'est le cas de "I Know you got soul" d'Eric B & Rakim qui reprend (pas que) le titre et le sample du même nom, de Bobby Byrd produit bien sûr par James Brown.
"I Know you got soul" la version original de Bobby Byrd sortie en 1971 sur le label King Records.
"I Know you got soul" par Eric B & Rakim, sortit en 1987 sur le label Zakia Records.
The Funky Drummer de James Brown reste le titre le plus samplé du Godfather. Le break de ce morceau a fait sensation dès les premières fêtes, qui vont donner naissance à la culture Hip Hop. Quand Dj Kool Herc passaitla version live de ce titre, les danseurs devenaient comme hystériques et sortaient leurs plus beaux pas de danse. The Funky Drummer allait devenir un hymne pour les danseurs Hip Hop toutes générations confondues.
Lorsque les rappeurs ont commencé à utiliser le sampleur, tous les breakbeats joués durant les premières parties du Bronx ont refait surface, parmi eux de nombreux titres de James Brown. Au milieu des années 70, les dj‘s hip hop à la recherche de breaks avaient en tête le nom des batteurs de différents groupes, celui qu’ils connaissaient le mieux était certainement celui de Clyde Stubblefield, l’homme à la batterie derrière le fameux Funky drummer.
Le Funky Drummer a largement été utilisé pour des sessions freestyle, en voici un d’anthologie avec trois mc’s légendaires Eminem, Mos Def et Black Thought, aux platines vous reconnaitrez le grand Dj Premier.
Sur cette vidéo, Clyde Stubblefield, batteur pour les JB's se lance dans quelques explications qui l'ont poussé à faire ses routines sur les titres Cold Sweat et Funky Drummer.
James Brown est de loin le chanteur le plus samplé par les artistes Hip Hop. Comme disait Grand Master Flash : “No James Brown, No Hip Hop». Il est l’essence même des principaux éléments qui sont à l’origine cette culture, par son flow, sa musicalité, son attitude, sa manière de se mouvoir...
Pour ce premier morceau dédié au Soul Brother N°1, j’ai choisi le titre Keep On Doin’ (1989) de Kev E Kev & Ak-B, avec un gros sample de Bobby Byrd, chanteur, clavier, auteur, arrangeur de James Brown. Même si Kev E Kev & Ak-B vont jusqu’à reprendre à quelques mots près le titre d’origine «Keep On Doin what you are doing», leur performance reste cependant qualitative en terme de flow. Le choix du sample est original, quand on sait qu’entre 1987 et fin 1988 que tous les rappeurs américains ne pensaient qu’à sampler le «Funky drummer» de James Brown.
La version originale par Bobby Byrd sortie en 1976, produit par James Brown.
Lors de ma conférence intitulée les racines africaines du rap, j’aborde la partie musicale en précisant l’importance des percussions. Des percussions qui vont être transformées au fil du temps par des esclaves descendants d’africains devenus africains américains.
Des percussions que l’on retrouve dans les breakbeats de dj Kool Herc et chez tous les autres dj’s qui vont suivre ses traces, dès 1973 et construire la sonorité hip hop.
Parmi ces maîtres des platines, Grand Master Flash qui va transcender le genre grâce à un travail de précision, donnant naissance aux premières productions musicales hip hop et au turntablism (l’art d’utiliser ses platines comme des instruments de musique).
Flash va intégrer d’autrespercussions africaines transformées à ses mixes, grâce à la découverte de la boîte à rythme “ Percussion King V829 “ de chez Vox, qu’il utilise pendant ses soirées.
Si vous connaissez un peu la discographie de Grand Master Flash and the Furious Five, sur le titre“ Flash to the beat “, quand les membres du groupe scandent la phrase : « Flash is on the beatbox, going » (à 5'00), ils font allusion à cette de la fameuse boîte à rythme (beatbox) qu’il manipulait durant ses soirées.
D’après Grand Master Flash, c’est en le voyant utiliser cet instrument de percussion étrange à l’époque, que certains jeunes vont essayer de reproduire les sons de celle-ci et inventer le beatboxing. L’art de créer des beats avec la bouche, appelé aussi human beatbox. On a encore là, une démonstration de percussions africaines transformées.
Sur la vidéo qui suit, Grand Master Flash nous fait une démo avec sa machine d’origine, qu’il conserve depuis 1977. The original beatbox.
L'un des rares enregistrements où l'on entend Grand Master Flash jouer avec sa beatbox, lors d'une soirée dans le Bronx en 1979. (à 5'40)
Ce podcast est tiré d’une série de plusieurs épisodes inspiré de faits réels. A travers des histoires rythmées par la musique, l’auteur a voulu retranscrire des expériences vécues par certains jeunes avec des représentants des forces de l’ordre. Un premier contact trop souvent négatif qui laisse une image écornée de la police. Une image que personne ne devrait avoir des garants de la justice et de la paix. La ville des Mureaux est le lieu qui a été choisi pour toutes les scènes, mais cela pourraient se passer dans n’importe quelle cité de France. Narration : Amandine B. Montage et musique : Dj Junkaz Lou Texte de : Somy King N’hésitez pas à laisser vos commentaires et à partager si vous aimez.
réalisé par So Fresh (Aurélien RDC, Robin Monjanel & Somy King) Samedi 28 septembre - Salle Olympe de Gouges 15 rue Merlin Paris 11e à 15h pour la projection.
Que vous soyez collectionneur ou dj, peu importe le style que vous aimez, ce titre devrait vous emballer. Macka B, nous fait les éloges du 45 tours, cher aux dj's de sound system jamaïcains (et pas que), le tout sans critiques négatives des nouvelles technologies. bonne écoute. Peace
Si l'envie vous prend de le chanter en karaoké pour les fêtes de fin d'année, voici les paroles.
Macka B - Never Played A 45
Yo, you can't say that you have such a great reggae selection
And you don't have one 7 inch 45 inna your collection
Me a tell di people dem it's all about di 45
There's something 'bout di feel and di vibe
You're a selector and you've never played a 45
There's something 'bout di feel and di vibe - yo, yo
You ever feel di vibe when you hold a 45
With your thumb inna di middle fingers on di outside
Black vinyl about 7 inch wide
Information 'pon di label, music 'pon di two sides
Something 'bout di 45 mi seh something 'bout di vibe
Brand new tunes to not just revive
You could a have a million tunes upon your hard drive
But there's something 'bout di touch and di look and di vibe of a 45
Something 'bout di feel and di vibe
How you a DJ and you never played a 45
A something 'bout di feel and di vibe - yo, yo
When you put it 'pon di deck you know a musical kiss
When di needle touch di vinyl, then you hear a little hiss
Bass sound warm and di top sound crisp
Not so digital like a compact disc
Every DJ haffi experience dis
'Cause this a part of your musical apprentice
Play di vocal, then di version with a flick of your wrist
Then di MC come inna dis
Cah it's all about di 45
There's something 'bout di feel and di vibe
You're a selector and you've never played a 45
A something 'bout di feel and di vibe
Well I'm not saying, that you should be playing
The 7 inch 45 only
But if you are able, go buy a turntable
You can also get dem with di USB
It's alright to play laptops, alright to play CDs
It's alright to play your MP3's
But don't leave out di vinyl, cah you can use dem side by side
With the modern technology, Lord
Well mi nuh stupid and you know seh mi nuh thick
Mi know seh times change and you must move with it
One thousand tunes 'pon one memory stick
And you don't need no box, it can fit in your pocket
But if you've never played a 45 before, why don't you try it?
Borrow one from your friend if you nuh have money fi buy it
You know its gotta vibe and you just can't deny it
Macka B come fi testify it
It's all about di 45
There's something 'bout di feel and di vibe
So you're a DJ you fi try a play a 45
There's something 'bout di feel and di vibe
You're a selector you fi try and play a 45
There's something 'bout the feel and di vibe
Mi a tell di people dem it's all about di 45
There's something 'bout di feel and di vibe - yo, yo
Seh 45s still a press and 45s still a mek
You can buy dem inna di shop or get dem 'pon internet
It good fi have a couple 45 fi select
And every reggae DJ's supposed to have a deck
You can't sweep your 45 dem under di carpet
Some people seh dem dead, but dem nuh dead yet
Man a hunt 45 like dem a private detect
A pay big money and a write big cheque
Fi di 45 There's something 'bout di feel and di vibe
Mi a tell di people dem fi try and play a 45
There's something 'bout di feel and di vibe
How you a DJ and you've never played a 45
There's something 'bout di feel and di vibe
You're a selector you fi try and playa 45
There's something 'bout di feel and di vibe - yo, yo
La dernière conférence que j'ai donné au côté de Dj Junkaz Lou, portait sur l'influence de l'Afrique sur la musique hip hop américaine, depuis sa création à nos jours.
Bien que le MCing (rebaptisé rap) ait été inventé dans le le Bronx au début des années 70, ses racines africaines restent encore obscures pour un large public. A travers ce podcast et avec l'aide de DJ Junkaz Lou et de ses mini-mixes, j'ai essayé de mettre en lumière ce lien indéniable en passant par la soul music, la funk, le R'N'B', le rock and roll, le jazz, le blues, les musiques africaines amplifiées et la musique des griots d'Afrique de l'ouest.
En 2011, sur le titre "Can't get enough", le rappeur J.Cole sample le morceau "Paulette" de Balla et ses Balladins, groupe populaire de la Guinée Conakry des années 70's. Ce titre est à écouter sans modération, tout comme l'original de Balla et ses Balladins.
À partir de 18h : Vernissage de l’exposition photos RStyle "Autour de l’histoire du Hip Hop".
Cette exposition retrace en photo les époques, évolutions et moments marquants de la culture Hip Hop en France ces quarante dernières années mettant l’accent sur les liens africains qu’entretiennent les différents champs artistiques qui la composent. Commissariat – François Gautret pour R-Style // Scénographie – Luisa Girola
À 19h : Conférence : influence des musiques africaines dans le Hip Hop par Somy King " hipopologue " mise en musique par DJ Junkaz Lou (Auditorium du Conservatoire)
Conservatoire Edgar Varèse, 13 Rue Louis Calmel, 92230 Gennevilliers
Cela fait un bon moment que le rap français engagé n'a pas refait surface. Comme s'il avait été coulé par des forces qui le retenaient dans les bas fonds et que de temps en temps quelques résidus remontaient à la surface pour être aussitôt dilués par le flow continu de la pop musique. Malgré les tentatives à répétition de certains rappeurs comme Kery James, Casey, La Rumeur, Demi Portion, Kenny Arkana et bien d'autres de faire resurgir l'engagement et la réflexion dans le rap français, mais en vain.
Comme si le rap de surface devait se contenter de textes médiocres, d'images bling bling, d'attitudes "cailleras" ou je ne sais quoi. Comme si le rap de surface était une prostituée, les majors et certaines radios des proxénètes qui dicteraient aux rappeurs la position à adopter pour ramener de la monnaie. Ces mêmes maquereaux qui flirtent avec les politiques, premiers détracteurs du rap.
Mais heureusement un homme va remédier à tout cela, MC Besancenot aka le rappeur anti-système.
C'est peut-être lui la solution, c'est peut-être lui le moteur qui manquait pour relancer la machine.
Cela ressemble à farce et pourtant, Olivier à bien pris le chemin du studio où il enregistré ce titre "Diviser pour mieux régner !".
Y-a-t-il quelqu'un pour lui dire d'arrêter ses bêtises.
Son flow est inexistant, sa prod d'ados est horrible, ce qui rend le contenu de son texte certainement bien écrit, inaudible. L'idée partait d'une bonne intention, toucher la jeunesse par la musique qu'ils écoutent. Mais là, franchement, c'est pas possible. Lorsque l'on écoute son rap, on a envie de lui dire : Olivier, t'es bon pour les discours et les débats politiques, continu dans ce que tu fais le mieux et laisse les vrais rappeuses et rappeurs faire leur taf. Ecoute ou tu finiras par ne plus être crédible aux yeux de tous.
Le rap français trouvera bien un jour son catalyseur qui ramènera de la conscience politique.
En attendant, écoutez ça, c'est une petite flinguerie pour ceux qui aiment ce genre.
C’est une question que l’on m’a souvent posé et qui demande un petit éclaircissement, avant la sortie des premiers disques, le mot rap n’était pas utilisé par les pionniers de la culture hip hop. Les rappeurs étaient appelés des MC’s pour maîtres de cérémonie et on parlait de Mcing et non de rap.
Ce qui revient à reformuler autrement la question, qui est le premier MC ?
Le premier MC dans la culture Hip Hop est un dénommé Coke La Rock, dj du sound system de Kool Herc et son meilleur ami. Il n’y a pas de date exacte, mais il aurait commencé, d'après lui à la deuxième ou troisième party de Herc en 1973, inspiré par ce que faisaient les dj’s disco qui avaient pour habitude de parler sur la musique, en jouant avec le public par le biais de questions-réponses avec des phrases toutes préparées auxquelles le public répondait en cœur.
DJ Coke La Rock et son meilleur ami DJ Kool Herc
A l’instar des MC’s disco, Coke La Rock va lancer des phrases en série sans attendre de réponse de son audience.
Un peu comme le font les griots d’Afrique de l’ouest. Lorsqu’il prend le micro, Coke fait les éloges de ses potes présents dans la soirée. Parler sur les versions instrumentales va devenir une marque de fabrique chez Coke qui va développer sa technique en s’associant avec un autre dj du sound system Herculoïds, Timmy Tim. Ensemble, ils feront la démonstration de leur talent oral, en détournant des textes de Isaac Hayes ou des textes de toasts (poèmes de rue) populaires du folklore afro-américain et en s'inspirant de l'album The Hustler Convention.
Un de ses disques favori pour exercer ses talents de griot moderne était le titre instrumental "T Plays it Cool" de Marvin Gaye.
Parler par dessus la musique ne sera pas tout de suite du goût de tout le monde, et pourtant le mcing va très vite devenir populaire auprès des jeunes afro-américains du Bronx, pour s’étendre ensuite aux autres quartiersde New York city.
Ce que l’on appelle le rap aujourd’hui était donc pratiqué par les dj’s, avant de devenir une pratique à part entière.